Histoires patoises du Charolais
André Livet de La Clayette 71 (prononcer La Claite si vous ne voulez pas passer pour un étranger) raconte quelques souvenirs de son enfance paysanne en Brionnais



I l'avin batizi Cul Bian
I l’avin batizi Cul Bian pramou qu’ôl avo tsé, tot ch’tit, dans la seuille de cailli
Ils l’avaient appelé Cul Bian (cul blanc)car il était tombé, encore enfant, dans un seau de lait caillé
Le gamin déssateurou s’éto fâ égueurodé p’l’instruzou
Le gamin turbulent s’était fait réprimander par l’instituteur
Dz’é été tant qu’u martsi pe vende ma dozain-ne d’us
Je suis allé jusqu’au marché pour vendre ma douzaine d’œufs
Al avo tarpayi tot l’dzo pe r’trové ses papis
Elle avait cherché sans arrêt toute la journée pour retrouver ses papiers
Y a brouillassi tot l’tantot
Il a plu un peu tout l’après-midi
T’pou todzo li d’mandé de dépotsi sa borse !
Tu peux toujours lui demander de vider sa bourse !
Il n’est pas prêt à t’aider
La mére tape-deûre éto pas si maline que san
La mère tape-dure n’était pas vraiment une mauvaise femme
La quoue du tsin é bin v’ni
La queue du chien a fini par se montrer
Tout finit par arriver
Dze su pu bon à ran, qu’ô dio !
Je ne suis plus bon à rien, disait-il !
Dze me su tot émargalé en passant p’le bos
Je me suis beaucoup écorché et égratigné en traversant le bois
Audzordeu, y a d’l’air
Aujourd’hui, le vent souffle un peu
Aujourd’hui, la chaleur est supportable
Ô marque mau
Il marque mal
Il ne fait pas bonne impression
Le pu ch'tit
On a beaucoup accusé les paysans d’autrefois d’être âpre au gain (près d’leus sous, rapia,cretou, sârré d’la creupire…) . Mais sans assurance maladie, sans retraite, sans aide aucune en cas de fortes gelées, de sécheresse, il fallait bien économiser sou à sou.Et bien souvent ce n’était pas suffisant. L’histoire qui suit n’est ni critique, ni risible ; elle est juste ordinaire. Question conflits d’intérêts et amour de l’argent, le monde d’aujourd’hui semble mal placé pour donner des leçons !
Le pu ch’tit
Y fa·yo dza bié du temps qu’le ch’tit Touâne éto vaule vés la grand’ Maria.La grand’ Maria éto eune grande beule feune qu’avo predu son pére quand ôl avo tsé du piantsi. L’Toine, qu’avo été affremé p’eune an·née avo fini pe tsomé vés la Maria.
Ma l’Toine achteûre éto vaule pi pas vaule, pramou qu’la Maria l’avo mis dans son yê. Bié seûr l’Toine avo pas di non, ma ôl avo pas sondzi à tot.
« Bin di don l’Touâne, achteûre t’fâ partie d’la mazon ; y é pu la pou-ine qu’dze te baille des sous à la San Martin p’le 11 novembe »
« Y-é quand min-me ma qu’va vende les viaus apeu les cotsons ? »
« Corre pas si vite l’ch’tit Toine, pre san, faudro qu’ nos sa·yin maryi »
« Hé bin y-é pas maulézi, nos an qu’à s’maryi ! »
« T’vouâ bin qu’y-é pas possib·ye, l’monde diro qu’ nos san maryi en tsande »
Bié seûr, y avo qu’la Maria volo pas latsi son beutin. L’Touâne avo quand min·me fini p’ava un papi c’man qu’la Maria li d’vo des sous ; un papi qu’ô randzo tos les 11 novembe dans sa borse.
Ma l’Touâne volo ava sa vatse à lu .Eune né, la Cabète. eune des quate vatses d’la Maria avo fâ dous viaus.
« La Maria, t’va bin m’en bailli yun ; te m’da bin san depeu qu’dze su itié ! »
« Un viau qu’te va neûrri davu l’lâ d’mes vatses, un viau qu’va mandzi mon fouin pi mon arbe, fau pas y sondzi l’Touâne »
«Quand dze sondze à tot les sous que t’me dâ …T’porro bin….. »
« Couèze-te voua ! teutes les an·nées dz’te signe un papi p’la San Martin »
« Des papis, des papis ! dze va bin meûrri u mi·yeu d’tes papis ! Si t’éto eune vraie feune de parole, te devro m’vreussi des intéréts su les sous que te m’da. Dze travaille tote l’an·née pre ta épi i fau enco que dz’te prète des sous!! »
« Acueute-vouâ l’Toine, nos va pas s’batte ; t’vou atraudé un viau ! t’vou atraudé un viau !!! t’a qu’à en prende yun pre ta, ma à eune condichon, fau qu’te preune le pu ch’tit… !!
Le plus petit (une cogestion difficile )
Depuis déjà longtemps, le ch’tit Touâne travaillait comme ouvrier agricole chez la grande Maria. Cette dernière, une belle femme, avait perdu son père à la suite d’une chute Le Touâne qui avait été embauché pour une année, avait fini par rester chez la Maria.
Mais, l’Touâne était à la fois domestique et pas domestique, parce que la Maria avait fini par le mettre dans son lit.. ! Bien sûr le Touâne n’avait pas dit non, mais, il n’avait pas songé à tout !
« Dis donc, l’Touâne, maintenant, tu fais partie de la maison, ce n’est plus la peine que je te paye à la date du 11 novembre pour la Saint Martin… »
« C’est quand même moi qui vais vendre les veaux et les cochons ? »
« Ne cours pas si vite, l’Touâne, pour ça , il faudrait qu’on soit mariés ! »
« Ce n’est pas difficile, on peut se marier tout de suite. »
« Tu vois bien que ce n’est pas possible, tout les gens du village diraient qu’on ne marie pas une grande femme avec un petit homme ! »
Bien sûr, la Maria voulait continuer à gérer ses affaires. Le Touâne avait tout de même fini par obtenir un papier où la Maria disait lui devoir de l’argent ; un papier qu’il rangeait soigneusement tous les 11 novembre dans sa bourse.. !
Mais le Touâne voulait avoir une vache à lui. Une nuit, la Cabète, une des quatre vaches de la Maria, avait eu deux veaux.
« La Maria, il va falloir que tu m’en donne un ; tu me dois bien çà depuis que je suis là. »
« Un veau que tu vas nourrir avec le lait de mes vaches, un veau qui va manger mon foin et mon herbe, il ne faut pas y penser ! »
« Quand je pense à tout l’argent que tu me dois….Tu pourrais bien… ! »
« Tais-toi, tous les ans je te signe un papier le jour de la Saint Martin ! »
« Des papiers, des papiers !! Je vais mourir au milieu de tes papiers. Si tu étais une femme de parole, tu devrais me verser des intérêts sur l’argent que tu me dois. Je travaille toute l’année pour toi et il faut encore que je te prête de l’argent !! »
« Ecoutes, on ne va pas se battre… Tu veux élever un veau, tu veux élever un veau.. !!! Tu peux en prendre un, mais à une condition : tu choisis le plus petit… !!
Les deux mulets
Petite traduction d’une fable de La Fontaine. Et sa conclusion : Putôt à l’ombraille que trop u solé… ! Plutôt à l’ombre que trop au soleil, c’est à dire Plutôt modeste que prétentieux… !
Une version très ancienne s’intitulait “D’un biau cheval et d’un âne pel” (pelé, gâleux)
Les deux mulets
Deux mulets cheminaient, l’un d’avoine chargé
L’autre portant l’argent de la gabelle.
Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
Il marchait d’un pas relevé,
Et faisait sonner sa sonnette ;
Quand l’ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l’argent,
Sur le mulet du fisc une troupe se jette,
Le saisit au frein, et l’arrête.
Le mulet en se défendant, se sent percé de coups ; il gémit, il soupire.
« Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
Ce mulet qui me suis, du danger se retire ;
Et moi, j’y tombe et je péris !
_Ami, lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi ;
Si tu n’avais servi qu’un meunier comme moi,
Tu ne serais pas si malade. »
Le ts’vau apeu le baude
Un ts’vau porto les sous des impôts
Un baude éto tsardzi d’avouin-ne.
Le premi, c’man un pol su son feumi
Se r’dreusso, en avizan dreu d’vant lu,
Tot en fayan tinté ses grelots.
Ma, v’la eune bande d’arcandiés
Qu’en volan à son magot ;
Le temps d’y dère, le ts’vau s’arreute.
Pas possib-ye d’se r’viri ;
So les cos, ô tsé tant qu’à bas…
« Me v’la quaziman à crâ,
Y é pas s’qu’i m’avin promi,
Dze su le viau qu’s’en va vé l’boutsi. »
« Mon poure ts’vau, te v’la bié enfeurdzi,
Y é pas p’les ritses qu’i fau travailli.
Si t’avo tsarayi l’avouin-ne du mouni,
Te s’ro pas itié aprés meûrri ! »
Un ts’vau---un cheval
Un baude---un âne, un mulet, une bourrique
Un pol su son feumi---un coq sur son fumier
Arcandié---vaurien, bandit
Quaziman à crâ---presque fichu, en mauvais état
Viau---veau
Boutsi---boucher
S’enfeurdzi---se mettre en mauvaise situation
Tsarayi---transporté
Aprés meûrri---en train de mourir
Dictionnaire du Charolais-Brionnais
Les mots du Charolais par un Charolais: origine, histoire,évolution du sens des mots, comparaion avec les régions avoisinantes. Un ch'tit cadiau p'le dzo d'l'An? Un p'tion de patouès, y pou pouan fâre de mau!


L'Tienne
Un ch’tit conte du Haut Maconnais : la vache d’Etienne s’est offert en pein été, son petit cadeau de Noël ; peut-être(le conte ne le dit pas) au dépens de sa santé; mais ça, ça n’arrive pas qu’aux vaches !!!
L’Tienne
Y’éto l’histoire du Tienne qu’aimo ben chopiner et qu’éto allé faire la foère. Ol avo bu des canons dave le d’Zean pi l’Mile et peu, eune tornée dri l’autre, yéto grand né quand y san r’tornés. L’Tienne, au s’est envni q’men ol a pu, ol a laissi les ouvradzes et peu ol a vredolé en travers d’son yé ; ol a même po rév’lli sa feune, à cause qu’ol en n’avo point d’feune leTienne.
Midi finisso d’souner u r’lodze quand o s’est rév’lli. Ol avo ben enco un p’ton mo é t’sveux, mais o s’est piqué su ses t’zambes p’aller tirer laNoiraude. Mais la vatse, y’en avo pieu, al avo zu la tendure, al avo fregonné la barrire peu al l’avo fait tsair à bas.
« Quoué que dz’va r’trover ma vatse ?
Les tseuvres ari s’étin ensauvées, y’avin trachionné le sayo du dzardin, l’avin uvri et pi y’avin fini d’mandzi, y’étin cutsi dans les fraisis, saoules c’men des pioux, la posse gonche c’men in botreyo . Le dzardin, y’an avo pieu, à cause qu’yéto l’premi co qui z’yalin.
« Quoué don que dz’va r’trover ma vatse ? »
Et les dous cotsons y z’avin r’veuilli la co ; c’men y’avo piou la veuille, y z’avin laissi des pitrés qu’partint d’vé l’haut du pré dri, y’avin enflé le tsemin d’laut couté du bou, peu ol les a trové u Brenatson vé la Fifine.
La treu éto so l’pouéri et peu lev’rat gasvalo l’treuki.
« Mais quoué que dz’va r’trover ma vatse ? »
Ol la tsortsi preuto, tant qu’à l’abrondi. Quand ol en a zu son sou, ol est r’veni vé lu, ol a tiré eune seuille d’eille pe dessailli les tseuvres quand ol a entendu breuilli, ol a guétti p’la pourte ; al éto itieu, a s’éto étraub’lli tot sule ; a s’éto même servi d’farene, al en avo mandzi la mouéti du sa. A ch’ture al éto cutsi à sa pièce, y’a renqu’al avo po pouyu s’attatsi !
origine du texte : St Point, canton de Tramayes 71….orthographe de l’auteur
La vache d’Etienne (traduction, un peu mot à mot du paysdutse)
Voici l’histoire d’Etienne qui aimait bien chopiner et qui était allé faire la foire. Il avait bu des canons avec le Jean et l’Emile ; puis de tournée en tournée, il était grand nuit quand ils sont repartis. L’Etienne est rentré comme il a pu, il a abandonné son travail et puis s’est laissé tomber sur son lit ; il n’a même pas réveillé sa femme vu qu’il n’en avait pas.. !
Midi finissait de sonner à l’horloge quand il s’est réveillé. Il avait encore un peu mal à la tête, mais il a réussi à se mettre debout pour aller traire la Noiraude. Mais de vache, il n’y en avait plus ; elle s’était ennuyé, elle avait secoué la barrière et l’avait fait tomber par terre.
« Où est- ce que je vais trouver ma vache ? »
Les chèvres aussi s’étaient sauvées, elles avaient secoué le portillon du jardin et l’avaient ouvert. Elles avaient maintenant fini de manger ; elles étaient couchées dans les fraisiers, soules comme des poux, la mamelle gonflée comme un crapaud(ou plutôt comme un ballon). Le jardin n’existait plus car c’était la première fois qu’elles y mettaient les pieds.
« Où est-ce que je vais trouver ma vache. »
Et les deux cochons, avaient retourné le terrain de la cour. Comme il avait plu la veille, ils avaient laissé des empreintes qui conduisaient vers le haut du pré, ils avaient pris le chemin de l’autre côté du bois. Enfin, il les avait trouvé au Bernachon chez la Joséphine.
La truie était sous le poirier et le verrat saccageait le maïs.
« Mais où donc est-ce que je vais trouver ma vache ? »
Il l’a cherché partout, jusqu’au crépuscule. Quand il en a eu marre, il est rentré chez lui. Il a tiré un seau d’eau pour donner à boire à ses chèvres. Juste à ce moment, il a entendu meugler ; il a regardé par la porte ; sa vache était rentrée toute seule à l’étable. Elle avait même mangé la moitié du sac de farine. A présent, elle était couchée à sa place, mais elle n’avait pas pu s’attacher… !!
la rate avo graboté
La rate avo graboté la mouèti d’la né so l’piantsi d’la tsambre
La souris avait gratté la moitié de la nuit sous le plancher de la chambre
L’gâ avo dégrené la pompe, l’pére l’avo rengrené
Le fils avait désamorcé la pompe, le père l’avait réamorcé
Si ôl y crin !
Il ne l’aime pas du tout !
L’éille, dz’y crin ; l’vin dz’y crin pas ; baille me don la boteuille
Je n’aime pas l’eau ; je préfère le vin. fais-moi passer la bouteille
Ôl avo eune five pas possib-ye
Il avait vraiment beaucoup de fièvre
Nos van allé vouâ si les gaufes san cueutes
Nous allons voir si les gaufres sont cuites
Il est temps d’arrêter le travail et d’aller à la soupe
Ôl avo fini d’vant de c’menci
Il avait fini avant de commencer
Oh bin su-la, ôl a les quate pis bians
Oh celui-la , il a les quatre pieds blancs
Celui-la, il est bien vu (à tord ou à raison)
Te porro ti li en cauzé ? Nos porrin ti li en cauzé ?
Pourrais-tu lui en parler ? Pourrions-nous lui en parler ?
( le ti interrogatif s’emploie avec tous les pronoms personnels singulier et pluriel )
Mandze ta main, pi garde l’aute pe d’min
Mange ta main, et garde l’autre pour demain
Arrêtes de te plaindre, de dire que tu encore faim et penses à demain
Le Guste feuragno preto pe r’trové la monte qu’ôl avo predu
Auguste mettait le désordre partout pour retrouver la montre qu’il avait perdu
Y é en dzeuillant és gobilles qu’le gamin avo pri l’bisca-yun en piène tête
C’est en jouant aux billes que le gamin avait reçu le biscaïen en pleine tête
( biscaïen : la grosse bille appelée aussi boulet, cochonnet….)
La vatse u Touâne
La vatse u Touâne
Man tot les sam’di matin, à la pique du dzo, l’Touâne pianto eune grande pancarte su le ts’min que meune vés lu. « La vatse u Touâne ; eune vatse man vos en avi enco dzamé vu »
Sa feune, la Maria, preno sa tsire, eune ch’tite traub-ye, pi al allo s’mète u sayo, dredilé u fond d’la co. …15 euros p’les grands, 6 euros p’les ch’tits.. Bin yé pas donné pe voua eune vatse !! Ma fau s’qu’i fau ; nos a ran sans ran !
Y en vin du monde, pi de loin ; al é cognu man l’loup bian la vatse u Toine. Fau bin dère qu’y é pas eune vatse man les autes. Sondzi don, y é eune vatse qu’a dous cornes, que mandze ran qu’de l’èrbe, pi qu’a son viau qu’la teûte ; un viau qu’é pas détreuyi quaziman grou c’man sa mére ! Eune vatse tote soule davu son viau dans l’sagné dri la maison, yé ben quètsouze !! Fau dère qu’achteure y a pu de sagné d’rri les mézons, y a pu qu’des hectares apeu des hectares de troquis… !
Quouâ don qu’ol avo pu trové un animau pareuil, l’Toine ? Pressonne y savo .
Vos alli dère qu’tot san y é des contes pas possib-ye, qu’les vatses biantses san u pâquis davu leus viaus. Y é seûr, ma les vatses qu’an du lait…pu d’viau, pi qaziman pu d’èrbe !
Y é pre san que le monde v’nan vouâ la vatse u Touâne…. !!Ma leuille, al vodro bin rindzi à l’ombraille…
La vache d’Antoine
Comme tous les samedi matin, dès l’aube, Antoine installait un panneau à l’entrée du chemin qui mène jusque chez lui ; « La vache d’Antoine, une vache comme vous n’en avez encore jamais vu ! »
Marie, sa femme, prenait sa chaise et une petite table pour aller se mettre au portillon, là-bas, à l’entrée de la cour…15 euros pour les grands, 6 euros pour les enfants…Un peu cher, pour voir une vache !! Mais tant pis, on n’a rien sans rien !
Les gens viennent de partout ; sa vache est connue comme le loup blanc. Il faut dire que ce n’est pas une vache comme les autres. Songez un peu, c’est une vache avec deux cornes, une vache qui mange de l’herbe, qui allaite son veau ; un veau qui n’est pas encore sevré alors qu’il est presque aussi gros que sa mère ! Une vache toute seule avec son veau, dans le pré derrière la maison, c’est pas croyable !! Il faut remarquer que maintenant le pré derrière la maison a disparu, il n’y a plus que des hectares et des hectares de maïs … !
On se demande où Antoine a bien pu trouver cette drôle de vache ? Personne n’en sait rien !
Vous allez penser que tout ça est mensonge et que les vaches charolaises sont au pré avec leurs veaux. C’est vrai, mais pour les vaches laitières, c’est bien différent ; pas de veau, presque plus d’herbe, que du maïs et du soja d’Amérique du Sud ( sauf chez les bios , bien sûr)
La vache d’Antoine se demande pourquoi, certains jours, tant de gens la regardent. Elle ne peut plus ruminer tranquillement…
Dze m'en va vos y dère
Dze m’en va vos y dère
Je vais vous le dire
D’min, te fara bin cueure la tsaudire à la pique du dzo
Demain,dès l’aube, tu feras cuire la chaudière
(il s’agit de faire cuire les pommes de terre pour les cochons)
C’man tos les ans, le Tiène avo em-né eune vatse su la bouêrie
Comme tous les ans, Etienne avait amené une vache sur le champ de foire
Te pou meurde dou-quate greumes de rainzin, i c’mençan d’vairié
Tu peux mordre dans quelques grains de raisin, ils commencent à changer de couleur
V’la tra dzos qu’y décèsse pas de pieuve
Voilà trois jours qu’il n’arrête pas de pleuvoir
Dans la matte de cueurdes, ô s’en éto attraudé yeune, eune beule veurde
Dans le tas de courges, il en avait choisi une, une belle verte
Dépi meu d’un an, le B’nât fréquente la feuye du mouni
Depuis plus d’un an, Benoît s’en va souvent voir la fille du meunier
Ol a ti fâ fin le ch’tit viau que dze t’avo vendu ?
Est-ce que le petit veau que je t’avais vendu a bien grossi ?
Ah bin su-là, ôl é bin guéri d’ète bète
Celui-là, c’est un garçon intelligent
Ol en fa-yo tot un piat
Il en faisait tout un plat
Il en exagérait l’importance
La târre de son dzardin, ôl l’avo bié endreuzi
La terre de son jardin, il l’avait beaucoup améliorée
Tsome don davu ma, nos van cauzé un moment
Restes avec moi, nous allons parler un peu
T’aro pas des cos un taillon d’pain de reste ?
Est-ce que tu n’aurais pas un morceau de pain à me donner ?
La chiée é après la pourte
La clef est sur la porte
Y sarve de ran de peugni le diab-ye quand ôl é dépieumé
Il ne sert à rien de peigner le diable quand il est chauve
Le temps qui passe
Le temps qui passe
Hier---ièr, le dzo d’avant
Aujourd’hui---audzordeu
Demain---d’main
Le lendemain---le dzo d’après
Avant hier---y a pas dous dzos
La semaine---la s’maîn-ne
La semaine prochaine---la s’maîn-ne que vin
Il y a une semaine---y a pas huit dzos
Il y a deux semaines---y a eune quinzaîn-ne de dzo
Les jours de la semaine--- les dzos d'la s'main-ne
Lundi--- lundi
Mardi---mardi
Mercredi---mécredi
Jeudi---dzoudi
Vendredi---vedeurdi
Samedi---sam'di
Dimanche---dimantse
Les mois---les mâs, les mouâs
Janvier---dzanvi
Février---févri
Mars---mâ
Avril---avri
Mai---mè
Juin---dzu-in
Juillet---dzu-yé
Août---oûte
Septembre---sétembe
Octobre---octobe
Novembre---novembe
Décembre---décembe
L’année---l’an-née
L’année prochaine---l’an-née qu’vin
L’année dernière---l’an passé, l’an passi
Autrefois---y a d’za bié du temps
Il n’y a pas très lontemps---y a quéques dzos
Il n’y a pas lontemps---laudédzo
Maintenant---achteure
Bientôt---dachtôt
Déjà---d’za
Jamais—dzamé
Toujours---toudze, todzo
Peu à peu---à tsau p’tion, à tchau p’tchon
De temps en temps, par intermittences, en intérim---à tsau cosses, à tchau cosses
Aussitôt que---sitôt que, chtôt que
Quelques fois---quéques côs
En même temps que lui---quant lu
Vas donc à sa rencontre---va don à son d’vant
Le jour et la nuit---le dzo é la né
A l’aube---à la pique du dzo
Le matin---le matin
A midi---le midi
L’après midi---le tantôt
Le soir---le sa
Au crépuscule---à la brondie, y é bordon d’né
Après minuit---passé miné
Je suis né---dze su v’ni u monde
Qu’est-ce qu’il a grandi votre garçon !---qu’y qu’ôl a crétsu voton gâ !
Il a beaucoup vieilli---ôl a pri d’l’âdze
Il a eu la chance de mourir dans son lit---bié tsanssou qu’ôl a été, ôl a meûrri dans son yé
Il travaille tout le temps,il faudra bien qu’il s’arrête un jour---ôl é dzamé arrète, ma qu’y t’fa-ye pas souci, ô va bin prende l’temps d’meûrri
Ils ont tué le temps, mais c’est le temps qui les enterre---i an tué l’temps, ma y é l’temps qu’les entârre
Il regarde toujours sa montre, c’est pour ça qu’il n’a jamais le temps---ôl avize toudze sa monte, y é pre san qu’ôl a dzamé l’temps
