Un dzo de martsi

 

La feune, al a sorti du yé à la pique du dzo. Al a corri vés ses tras tseuves qu'étin enfremé u bot de l'écueurie de vatses. Tiri ses tseuves, mélandzi le lait davu stu-là d'la veûille, vressi dous cueullire de préseure dans la seuille pe fare cailli le lait. S'n homme va bin tiri les vatses, pi p'tète mète à mandzi és polailles, épi és lapins si ôl é bié torné!

Ran qu'un p'tiét café o bin un bol de sope pi eune routie de beûrre.. I va falla enrailli!

Quéques lives de beûrre dans un pani, épi dous-tras dozain-nes de fromadzes dans un aute. Un pani à tsaque brés, pi la v'la parti pe tote la dzornée... Des cops tote soule, des cops davu eune vasine …

Al monte tant qu'és quate tsemins...Al passe sû le piâtre...Al dévale le grapion...Al traverse la r'vire sû le pont de bos...Al prend le ts'min de l'aute coûté de la r'vire... Un ts'min que monte, que monte...Ma, la v'là arrivé à la ceume...Al a pu qu'à descende u borg: y é là qu'é la pièce du martsi.

Al a pas mi bié du temps à vende ses fromadzes épi ses lives de beûrre. V'là les biaus dzos épi les coquatis an grand b'zouin de rempyi leus ch'tites carioles à ts'vau.

Al a bié bavassi davu ses cosines épi davu des autes feunes qu'étin v'ni vende des lapins, des cabris, épi quéques pols de l'an passé.

Y a midi que soûne!! Ma, y en a toudze yeune pe d'mandé des noveules d'la parenté, de sava si le gâs d'la Guiguite o bin la feuye du Dzosé van dach'tôt se maryi, si va pieuve dans tras dzos, si...si...

La v'la r'parti. Les panis san quasiman vides. Ran que dous satsis de café, un kilo de seucre pi un kilo de sau pe salé la sope. Y é temps de prende la corsire p'allé mandzi vés sa mére qu'é pu tote dzoune. Bié des cops y é sa feuye que randze un p'tion la maison o bin que l'adzue dans son dzardin.

Ma les heûres passan vite. Le solé é cutsi. Y é quasiman à la né qu'al arrive vés leuille...

Y é enco pas fini. S'n homme a pâs pu tiri la Miguette que fou des cops de pis. Y é c'man tos les sâs: les tseuves, les polailles, les fromadzes...Reste pu que la sope à r'méte su le fu...La sope, nos la fa pe tras-quate dzos...Pu nos la rétsand, pu al é bon-ne!!!

Une journée de marché

 

La femme a sorti du lit dès l'aube. Elle a couru vers ses trois chèvres enfermées au bout de l'écurie de vaches.Traire ses chèvres, mélanger le lait du matin avec celui de la veille, verser deux cuillèrs de présure dans le seau afin de cailler le lait. Son mari va s'occuper de traire les vaches et peut-être des poules, des lapins s'il est de bonne humeur !

Une tasse de café ou un bol de soupe et une tartine de beurre...Il va falloir partir !

Quelques livres de beurre dans un panier et deux ou trois douzaines de fromages dans un autre. Un panier à chaque bras et la voilà parti pour toute la journée...Parfois toute seule, parfois avec une voisine...

Elle monte jusqu'au croisement des chemins...Elle passe par l'ancienne place du champ de foire...Elle dévale la pente...Elle traverse la rivière sur le pont de bois...Elle prend le chemin de l'autre côté de la rivière...Un chemin qui monte, qui monte...Enfin la voilà arrivée au sommet...Elle n'a plus qu'à descendreau bourg : c'est là que se trouve la place du marché.

Elle n'a pas mis longtemps à vendre ses fromages et ses livres de beurre. Voilà le printemps et les coquetiers sont acheteurs et pressés remplir leurs voitures à cheval.

Elle a bien bavardé avec ses cousines et avec d'autres femmes qui étaient venues vendre des lapins, des cabris et quelques poulets de l'année dernière.

Midi sonne!!Mais, il y en a toujours une pour demander des nouvelles de la famille, pour savoir si la Guiguite (Marguerite) ou bien le fils de Dzosé (Joseph) vont bientôt se marier, pour dire s'il va pleuvoir dans trois jours,si...si...

La voilà repartie. Les paniers sont presque vides, juste deux sacs de café, un kg de de sucre et un kg de sel pour saler la soupe.Il est temps de prendre le racoursi pour aller manger chez sa vieille mère. Souvent, sa fille lui remet en ordre sa maison et l'aide un peu au jardin.

Mais le temps passe vite. Le soleil est couché. Il fait presque nuit quand elle arrive chez elle...

Le travail n'est pas terminé. Son mari n'a pu traire la Miguette qui donne des coups de pieds. C'est comme tous les soirs: les chèvres, les poules, les fromages... Il n'y a plus qu'à réchauffer la soupe qu'on fait seulement tous les trois ou quatre jours...Plus on la réchauffe, la soupe, plus elle est bonne... !!

Vos savi ti trempé la sope ?

Savez-vous tremper la soupe ?